Monday, September 19, 2016

Vocational missions in the province of Chile

 Missions pour les vocations dans la province du Chili

Misiones vocacionales en la provincia de Chile


Matías Velenzuela sscc

Every year for 9 years, we have conducted a vocational camp. This is  going off somewhere  with young people who have brought up the question of a vocation or are simply interested in learning more about the religious life and the charism of our congregation. We invite them for some days together on mission to a place that we have previously chosen and while on mission, we share community and put our lives into God's hands.

In 2014 we went to Valparaiso, because there had been a fire in a poor section of the city and we decided to go to accompany people of our beloved port city. We were welcomed in the Immaculate Heart of Mary Parish, a community on a hillside and there we visited a settlement called the Vergel. In 2015 as a change-up, we ran our vocational mission in the north. We went to Diego de Almagro, a small town in the third region, within Copiapo, where the damage caused by floods was extensive, destroying houses and streets. We were able to share with people and identify with their strength and faith as also with the pain they had lived through.  In both receiving and sharing the blessings of the Lord, his strength and his love we had prayed.  We departed, taking with us the memory of faces, smiles, and even the tears of many, our brothers and sisters.

In this context we form missionary communities where we pray together, we met together and seek God's will from the charism of the Sacred Hearts. They have also been very valuable experience for all who participate in them. In the mission to Valparaiso we were twelve people, five religious and seven lay; in the last year, Diego de Almagro, we were six people, three priests and three laymen, because the idea is to build a community animated by our missionary spirituality that provides the space to seek the will of God.

This year 2016 we conducted vocational mission in an indigenous Mapuche community near Rio Bueno (Regiόn de los Ríos, south of Chile) in the territory of our parish. The community is called Nolguehue.  There were four young persons, full of enthusiasm and joy. The idea was to live in these five days the charism of the Congregation: to live, to proclaim and to contemplate the love of God made flesh in Jesus.

“Living” gathers us together in an intense community life in which young cook, prepare the times of common prayer and we recreate together time. The idea here is to live fraternity with all its simplicity and joy, showing the youth the value of the community in itself, as a space to share and grow together as a family. It is a feature that young people value highly.

“Proclaiming” leads us to visit all the families of the sector, pray with them, go see the sick and celebrate together the Eucharist. Sometimes an Anointing of the Sick is celebrated, a house is blessed and at the same time we learn from the local people, their way of living the faith and seeing God. Proclaiming leads us to listen a lot and welcome the gift of God through the brothers and sisters whom we have come to visit and to know. In this sense, one of the things that has inspired us has been looking for places that are on the margins and have been hit by pain. Taking account of the invitations of Pope Francisco and also of our spirituality leads us to be witnesses of Mercy, especially among those who require comfort and companionship.

“Contemplating”, we lived times of common prayer and worship in addition to one whole morning given to retreat. We had times of silence and meditation before the Lord to listen to his voice. Silence is fundamental to help us open our hearts to the Word of God and to the inspirations of the Holy Spirit who ultimately is the true architect of our vocation. It is an opportunity to look at life calmly in the light of the Gospel and from there to follow through with a good discernment.

This year 2016 young people were very happy and grateful for the occasions made available. Eager to follow this path of accompaniment, they hope to do what God wants of them. This time, there were three sscc brother companions: Rafael Garcia, Pedro Pablo Achondo and Pedro Leon, leader of the postulancy house.  It was a very good experience. We hope that it will continue to bear fruit whereby the young people can continue processes of accompaniment in order to discern what the Lord wants for them.




Missions pour les vocations dans la province du Chili (frères)

Chaque année, depuis neuf ans, nous réalisons une mission pour les vocations. C’est une réponse aux jeunes qui se  posent la question d’une vocation  ou qui souhaitent en savoir plus sur la vie religieuse et le charisme de notre Congrégation. Nous les invitons donc,  pour quelques jours de mission dans un lieu choisi au préalable. Ainsi nous vivons cette mission avec eux, en partageant, formant communauté et en remettant notre vie entre les mains du Seigneur.

En 2014, nous étions allés à Valparaiso, parce qu’un  quartier pauvre de la ville avait souffert d’un incendie et nous avions décidé d’y aller accompagner les personnes de ce lieu qui nous est cher. Nous avions été accueillis à la paroisse du Cœur Immaculé de Marie située sur une colline, et nous avions visité un campement appelé le «  Vergel ». Par contre en  2015, nous avions vécu la mission dans le Nord,  à Diego de Almagro, petite ville qui fait partie de la troisième région, à l’intérieur de Copiapo, où les dégâts causés par les inondations avaient été très importantes, avec maisons et  rues complètement détruites. Nous avions pu partager avec les gens et admiré leur courage et leur foi, comme la douleur qui les avait touchés. Nous avions  prié, reçu  et partagé les bénédictions  du Seigneur, tout en découvrant les visages, les sourires et même les larmes de nombreux frères.


Dans ce contexte, nous formons des communautés missionnaires. Nous prions ensemble, nous faisons connaissance, cherchons ensemble la volonté de Dieu à partir du charisme des Sacrés Cœurs. Ce furent  des expériences très riches pour  tous les participants. A la mission de Valparaiso, nous étions 12, cinq religieux et sept laïcs ; à celle de l’année dernière, à Diego de Almagro, nous étions six, trois religieux et trois laïcs. Le but  est bien de créer une communauté missionnaire, animée de notre spiritualité, terrain favorable pour recherche  la volonté de Dieu.

Cette année, en  2016,  nous avons réalisé la Mission  dans une communauté indigène Mapuche près de Rio Bueno (Région de los Ríos, au sud du Chili) ; sur les territoires de notre paroisse. La communauté est appelée Nolguehue. Quatre  jeunes, pleins d’enthousiasme et de joie y ont participé. Notre intention était de vivre, durant ces 5 jours,  le charisme de la Congrégation.

Le « vivre ensemble »  nous a permis de vivre une vraie communauté,  intensément. Les jeunes cuisinaient, préparaient les moments de prière en commun, prenaient  ensemble leurs loisirs. Le but  était de vivre la fraternité en toute  simplicité et dans la joie, montrant aux petits jeunes  la valeur de la communauté en elle-même, comme lieu de partage et de croissance partagée, unis  comme dans une vraie famille. Ce sont des aspects  que les jeunes ont beaucoup appréciés.

L’ « annoncer » nous invitait  à visiter  toutes les familles du secteur, prier avec elles,  visiter les malades, célébrer l’Eucharistie ensemble. Parfois il nous est arrivé  aussi de célébrer l’onction des malades, de bénir une maison. Ce faisant nous avons  beaucoup appris  des gens du lieu,  leur  façon de vivre, de croire, de connaitre  Dieu. Cette annonce nous a amenés à beaucoup écouter et accueillir le don de Dieu à travers les frères que nous visitions. Un des critères qui nous a guidés  a été de chercher des lieux marginaux, en situation difficile ou  touchés par la souffrance, tout en prenant en  compte l’appel de notre pape et  l’esprit de notre congrégation qui nous invitent à être les témoins de la Miséricorde, en particulier auprès de ceux qui ont le plus besoin de réconfort et d’accompagnement.


Le «  contempler »,  nous l’avons vécu  avec les temps de prière commune et l’adoration, en plus d’une matinée de retraite et des temps de silence et de recueillement devant le Seigneur pour l’écouter. Ce temps de silence et de prière était  essentiel pour nous aider à ouvrir notre cœur à la parole de Dieu et aux  inspirations de l’Esprit Saint,  véritable fondement  de notre vocation. C’était  l’occasion de regarder sa vie avec calme, à la lumière de l’Evangile et à partir de là, continuer à mener  un bon discernement.

Cette année 2016, les  jeunes sont revenus  très heureux  et reconnaissants de l’expérience qui leur avait été offerte, avec le désir de poursuivre ce processus d’accompagnement et  de faire ce que Dieu attend d’eux. A cette mission ce sont  trois frères sscc, formateurs des postulants,   qui les ont accompagnés : Rafael García, Pedro Pablo Achondo et Pedro Leon. Ce fut une  expérience très riche,  espérant qu’il y ait une suite qui donne des fruits et que  les jeunes   continuent  leur cheminement pour  découvrir ce que le Seigneur attend d’eux.



Misiones vocacionales en la provincia de Chile (hermanos)
Cada año, desde hace 9 años, hemos realizado una misión vocacional. Que es una salida con jóvenes que se hayan planteado la pregunta vocacional o estén interesados por conocer más de cerca la vida religiosa y el carisma de nuestra congregación. Entonces los invitamos a unos días de misión a un lugar que hemos elegido previamente y a la vez a misionar, compartir, formar comunidad y poner la vida en las manos de Dios.

El año 2014 fuimos a Valparaíso, porque había ocurrido el incendio de un barrio pobre de la ciudad y decidimos ir a acompañar a las personas de nuestro querido puerto. Nos acogieron en la Parroquia Inmaculado Corazón de María en un cerro y visitamos un campamento que se llama el Vergel. En cambio el año 2015 realizamos nuestra misión vocacional en el norte. Fuimos a Diego de Almagro, una pequeña ciudad que está en la tercera región, al interior de Copiapó,  donde los daños producidos por aluviones fueron muy grandes, destruyendo casas y calles. Pudimos compartir con la gente y constatar su fuerza y su fe, así como el dolor que habían vivido. Pudimos orar, recibiendo y compartiendo la bendición del Señor, su fuerza y su amor, llevándonos el rostro y la sonrisa, e incluso las lágrimas, de muchos hermanos nuestros.


En ese contexto formamos comunidades misioneras, donde oramos juntos, nos conocimos y buscamos juntos la voluntad de Dios desde el carisma de los Sagrados Corazones. También han sido experiencias muy valiosas para todos los que participamos en ellas. En la misión a Valparaíso fuimos 12 personas, cinco religiosos y siete laicos; en la del año pasado, a Diego de Almagro, fuimos seis personas, tres religiosos y tres laicos, porque la idea es constituir una comunidad misionera animada por nuestra espiritualidad que sirva de espacio de búsqueda de la voluntad de Dios.

Este año 2016 realizamos la misión vocacional en una comunidad indígena Mapuche cerca de Rio Bueno (Región de los Ríos, al sur de Chile); en los territorios de nuestra parroquia. La comunidad se llama Nolguehue. Participaron 4 jóvenes llenos de entusiasmo y alegría. La idea era vivir en estos 5 días el carisma de la Congregación.

El vivir nos congrega en una intensa vida comunitaria en la cual los jóvenes cocinan, preparan los momentos de oración común y juntos tenemos tiempos de recreación. La idea aquí es vivir la fraternidad con toda su sencillez y alegría, mostrando a los chiquillos el valor que tiene la comunidad en sí misma, como espacio de compartir y de crecer juntos como una familia. Es un sello que los jóvenes valoran mucho.

El anunciar nos lleva a visitar a todas las familias del sector, rezar con ellas, ir a ver a los enfermos y celebrar juntos la Eucaristía. A veces se celebra una unción de los enfermos, se bendice una casa y a la vez se aprende de la gente del lugar, de su manera de vivir la fe y de ver a Dios. El anunciar nos lleva a escuchar mucho y acoger el don de Dios a través de los hermanos que hemos ido a visitar y a conocer. En este sentido una de las cosas que nos ha inspirado ha sido buscar lugares que estén en los márgenes y que hayan sido golpeados por el dolor. Haciéndonos cargo de las invitaciones del Papa Francisco y a la vez de nuestra espiritualidad que nos conduce a ser testigos de Misericordia especialmente entre aquellos que requieren consuelo y compañía.

El contemplar lo vivimos con tiempos de oración común y adoración; además de una mañana de retiro y tiempos de silencio y meditación delante del Señor para ir escuchando su voz. Es fundamental ese silencio orante que nos ayuda a abrir el corazón a la Palabra de Dios y a las inspiraciones del Espíritu Santo que finalmente es el verdadero forjador de nuestra vocación. Es una oportunidad para mirar la vida con calma a la luz del evangelio y desde ahí poder seguir haciendo discernimiento.

Este año 2016 los jóvenes volvieron muy felices y agradecidos de la instancia que se les brindó. Con ganas de seguir este camino de acompañamiento esperando hacer lo que Dios quiera con ellos. Esta vez los acompañaros tres hermanos sscc: Rafael García, Pedro Pablo Achondo y Pedro León, formador de los postulantes. Fue una muy buena experiencia y esperamos que pueda seguir dando frutos donde los jóvenes puedan continuar procesos de acompañamiento  a fin de descubrir lo que el Señor quiere para ellos. 


Wednesday, August 24, 2016

My experience from WYD in Cracow

Mon expérience des JMJ  à Cracovie

Mi experiencia de la JMJ en Cracovia


   By Kamil Wawro sscc, province of Poland

It was a great joy for me to go to Cracow, to attend the World Youth Day (WYD) 2016. It was the first time that I attend an event like this. I was only able to join the programs on Saturday, the 30th of July and on Sunday, the 31st of July.

Before writing my thoughts, I must say that I was not the only one attending this gathering with our Pope. Many of our SSCC brothers were there too, but in different places. For example, Fr.  Wojciech Bartnicki from Wrocław was traveling on bicycles with 18 parishioners to come for this meeting with the Holy Father. They travelled almost 300 kilometers from the parish of Wrocław Księże Małe where  Fr. Wojciech is working, and finally joined us in Brzegi where WYD gathering took place. Also attending were 100 pilgrims from Panama and almost 60 pilgrims from France who came with our sister Elisabeth.


For me this event was a wonderful opportunity to meet Christians from all over the world, and  we finally could see how big and beautiful the church is. When we got to Cracow, we needed to go on foot to Misericordia Campus where the meeting was hosted.  We walked under the sun for 8 kilometers. It was a struggle for us, but when we arrived and saw the Pope, we suddenly regained our strength. When the Holy Father was speaking, you felt like he was speaking only to you. For me the most important word was about the “Couch Christians” who spend their life within 4 walls. All of a sudden I saw that we, almost 2 million peoples who were there, are not among these Couch Christians, because we grabbed the opportunity and we struggled to be there to show our love for Christ.

After the Pope delivered his sermon, there was an Adoration. During the adoration I was hearing confession for almost 2,5 hours while standing on one end of our sector. So many young people came to give their hearts to Christ. I really felt the presence of the Divine Mercy, and I saw the love of Christ that healed many people’s hearts.

The night spent on Misericordia Campus was a bit rough, because we slept on the ground; but it wasn’t a problem for us, especially for young people. They sang and danced all night long.

The next day, when we had Mass with the Pope, I was able to go to Sector “S” which was just 200 meters from the altar. I felt like I could touch the Holy Father. I listened to his words, that were really the words of Christ, and I felt truly joyful. I was thinking, “Why are there so many young people, priests, and nuns who do not mind to travel such great distance and to sleep on the ground; to endure thirst and hunger?” And then I understood, that they wanted to show that they belong to Christ. They want to show that they love one another.

It was a really nice feeling to be there; to walk among all those people who came to express their faith. I was happy to walk and to sing with the people from Spain, to talk with the people from Georgia or from France. All of us were the signs of the Living Church. I’m very happy that the next World Youth Day will take place in Panama. Maybe I can go there too to share my love for Christ.


I have a dream, that we are able show to the people our love for Christ, our mercy, and our Christian faith, not only during the gathering like WYD, but every day.

Kamil talking about his experience in Youtube (in English):






Mon expérience des JMJ  à Cracovie

Ce fut  pour moi une grande joie d’aller à Cracovie et d’assister aux Journées Mondiales  de la jeunesse (JMJ) 2016. C’était la première fois que j’assistais à un tel événement. Je n’ai pu participer qu’aux journées du samedi 30 juillet et dimanche 31 juillet.

Avant de partager mes réflexions, je dois dire que je n’étais pas seul à assister  à cette rencontre avec notre Pape. Beaucoup de nos frères SSCC étaient là aussi, mais à des lieux différents. Par exemple, le P. Wojciech Bartnicki Wroclaw, a fait le voyage  à vélo avec 18 paroissiens pour se rendre à cette rencontre avec le pape. Ils ont parcouru près de 300 kilomètres, de la paroisse de Księże Małe jusqu’à Wroclaw, où le P. Wojciech travaille et enfin ils nous ont rejoints à Brzegi où avait lieu la rencontre des JMJ. Il y avait aussi 100 pèlerins du Panama et environ 60 pèlerins venus de France  avec notre sœur Elisabeth.


Pour moi, cet événement fut une magnifique occasion de rencontrer   des chrétiens du monde entier. En même temps j’ai pu mesurer la dimension universelle et  la beauté de l’Eglise. Quand nous sommes arrivés à Cracovie, nous avons dû aller à pied au « Campus de  la miséricorde», où s’organisait la rencontre. Nous avons marché sous le soleil sur 8 kilomètres. Ce fut une épreuve, mais quand nous sommes arrivés et que nous avons  vu le pape, nous avons été immédiatement soulagés. Quand  le Saint-Père  parlait, on avait l’impression qu’il te parlait à toi. Pour moi, le thème  le  plus marquant a été celui « des Chrétiens du canapé » qui passent leur vie entre quatre murs. Soudain, j’ai pris conscience  que près de deux millions de personnes  étaient là. Nous n’étions pas de ces chrétiens du canapé, nous étions venus participer à cet évènement pour laisser nos problèmes de côté et  montrer notre amour au Christ.

Quand le pape eut prononcé son homélie, il y eut un temps d’adoration. Pendant l’adoration, j’ai entendu des  confessions pendant près de deux heures et demie, debout, à une des extrémités de notre secteur. Beaucoup de jeunes vinrent offrir  leur cœur au Christ. J’ai vraiment ressenti la présence de la divine miséricorde et vu l’amour de Christ guérissant les cœurs de beaucoup de personnes.

La nuit passée dans le « Campus de la miséricorde », a été un peu éprouvante, car nous dormions à même le sol ; mais ce n’était pas un problème pour nous, et surtout pas pour les jeunes. Ils ont chanté et dansé toute la nuit.


Le jour suivant,  nous avons eu la messe avec le pape. J’ai pu me rendre au secteur «S », qui était seulement à 200 mètres de l’autel. J’avais l’impression de pouvoir toucher le Saint père. J’ai écouté ses paroles, qui étaient vraiment les paroles du Christ, et je me suis senti vraiment heureux. Je pensais : « pourquoi là  tant de jeunes,  de prêtres et religieuses  qui ne sont pas  habitués à faire de longs voyages ni dormir à même le sol, ou supporter la soif et la faim ? » Et puis j’ai compris qu’ils voulaient exprimer ainsi leur appartenance  au Christ. Ils voulaient montrer qu’ils s’aiment les uns les autres.

Ce fut  pour moi une expérience très agréable d’être là ; marcher parmi tous ces gens  venus  exprimer leur foi. J’ai été heureux de marcher et chanter avec des gens d’Espagne, de discuter avec les gens de Géorgie ou de France. Tous ensemble nous étions signes d’une Eglise vivante. J’ai été ravi d’apprendre  que les prochaines JMJ auront lieu au Panama. Peut-être pourrai-je y aller  pour partager mon amour du Christ.


Je fais un rêve : que nous soyons  capables de montrer aux gens notre amour du Christ, notre miséricorde et notre foi chrétienne, non seulement au cours des rencontres des JMJ, mais aussi quotidiennement.

Kamil parler de son expérience dans Youtube (en anglais):



Mi experiencia de la JMJ en Cracovia

Fue una gran alegría para mí ir a Cracovia para asistir a las Jornada Mundial de la Juventud  (JMJ) 2016. Era la primera vez que asistía a un evento como este. Sólo pude participar en lo que estaba programado para el sábado 30 de julio y el domingo 31 de julio. 
Antes de escribir mis reflexiones, debo que decir que yo no era el único que asistía a este encuentro con nuestro Papa. Muchos de nuestros hermanos SSCC estaban allí también, pero en diferentes lugares. Por ejemplo, el P. Wojciech Bartnicki de Wroclaw, viajó en bicicleta con 18 feligreses para venir para este encuentro con el Santo Padre. Viajaron casi 300 kilómetros desde la parroquia de Księże Małe en Wroclaw, donde el P. Wojciech está trabajando, y finalmente se unió a nosotros en Brzegi donde tuvo lugar el encuentro de la JMJ. También asistieron 100 peregrinos de Panamá y cerca de 60 peregrinos de Francia que vinieron con nuestra hermana Elisabeth.

Para mí este evento fue una excelente oportunidad para encontrarme con cristianos de todo el mundo, y por fin pude ver lo grande y hermosa que es la iglesia. Cuando llegamos a Cracovia, teníamos que ir a pie al “Misericordia Campus”, donde se organizó el encuentro. Caminamos bajo el sol durante 8 kilómetros. Fue una lucha para nosotros, pero cuando llegamos y vimos al Papa, de repente recuperamos las fuerzas. Cuando el Santo Padre estaba hablando, se sentía como si estuviera hablando sólo para ti. Para mí la palabra más importante fue acerca de los “cristianos del sofá”, que se pasan la vida dentro de 4 paredes. De repente vi que, casi 2 millones de personas que se encontraban allí, no estábamos entre estos cristianos del sofá, porque aprovechamos la oportunidad y pasando nuestros problemas pudimos estar allí mostrando nuestro amor por Cristo.


Después de que el Papa pronunciara su homilía, hubo una adoración. Durante la adoración yo estuve oyendo confesiones casi dos horas y media, de pie en un extremo de nuestro sector. Muchos jóvenes vinieron a dar sus corazones a Cristo. Realmente sentí la presencia de la Divina Misericordia, y vi el amor de Cristo que cura los corazones de muchas personas.

La noche pasada en el “Misericordia Campus” fue un poco dura, porque dormimos en el suelo; pero no fue un problema para nosotros, especialmente para los jóvenes. Cantaron y bailaron toda la noche.

Al día siguiente, cuando tuvimos la misa con el Papa. Yo pude ir al Sector "S", que estaba a sólo 200 metros del altar. Me sentía como si pudiera tocar el Santo Padre. Escuché sus palabras, que eran realmente las palabras de Cristo, y me sentí verdaderamente alegre. Estaba pensando: "¿Por qué hay tantos jóvenes, sacerdotes y monjas a los que no les importa viajar tan gran distancia y dormir en el suelo, soportar la sed y el hambre? " Y entonces comprendí que querían demostrar que pertenecen a Cristo. Ellos quieren mostrar que se aman unos a otros.

Fue una sensación muy agradable estar allí; caminar entre todas aquellas personas que habían venido a expresar su fe. Yo estuve feliz de caminar y cantar con gente de España, de hablar con gente de Georgia o de Francia. Todos nosotros éramos signos de la Iglesia viva. Me alegro mucho de que la próxima JMJ tenga lugar en Panamá. Tal vez pueda ir allí también a compartir mi amor por Cristo.


Tengo un sueño: que seamos capaces de mostrar a la gente el amor a Cristo, nuestra misericordia y nuestra fe cristiana, no sólo durante los encuentros como la JMJ, sino todos los días.

Kamil habla de su experiencia de la JMJ en Youtube (en inglés)


Sunday, July 24, 2016

What happened to the call of Francis for the pastoral conversion of the Church?

Quoi de nouveau après l’appel du pape François à une conversion pastorale de l’Eglise ?

¿Qué ha pasado con el llamado de Francisco a la conversión pastoral de la Iglesia?



What happened to the call of Francis for the pastoral conversion of the Church?

By Sergio Silva G. ss.cc.

Taken from the blog "Con olor de oveja" ("Smelling of sheep") of the SSCC province of Chile http://conoloraovejasscc.blogspot.it/2016/05/que-ha-pasado-con-el-llamado-de.html

We live today bombarded by so many stimuli of all kinds, that we run the risk of losing sensitivity and no longer taking notice of them. It happens frequently when it comes to the senses of hearing and seeing. But this can happen as well with our "spiritual sense".

In fact, Francis has been "bombarding" us with his intense calls to pastoral conversion, to an ecologically organic conversion, the cultural revolution, to mercy. We fail to realize what any one of these calls can mean when yet another one comes our way. It would be disastrous for us and for the church were we to lose a sensitivity to these calls, which I think come from the Spirit, because they are radically evangelical. So I think it's good to get back to the call of Evangelii gaudium (EG) to the pastoral church conversion, a conversion that, according to Francis, "cannot leave things as they are" (EG 25).

I ask if anything has changed:  in any one of us, in any religious community, in any pastoral community, in any diocese, in the Chilean church? Or do we think – half unconsciously - our "things" are ok and that we can leave them "as they are"? Sometimes we are very lucid to see where someone else’s "things" need to change - in the hierarchy for example-and too blind to recognize our own need to change something. It's the speck in your neighbor's eye and the log in our own, as Jesus used say(cf. Mt 7:3-5).  So I think we would do well to return to the EG to see where I have to change, where my community can change.

A beautiful thing about the exhortation is that the call to conversion is not done according to a standard that we would not be upholding, it’s not in function of a superego that is imposed from outside of ourselves; on the contrary, the call  is not to lose an opportunity to grow, the call is in function  of a good that attracts us. Looking at the good is what makes us take account of the fact that we are on the wrong track.

In EG, Francis does not just give a call to a generic pastoral conversion, but shows various tracks on which this conversion can run. One of these tracks is the beauty of making of ourselves, a people, to be a people. Why is it good for Christians -be they lay or pastoral agents, ordained or not, to be a people? In EG, Francis gives two types of reasoning, one is simply human, the other comes from faith.

According to the first, making a people and being a people has in itself a human value. This is something that is part of the human being and that makes the being human grow to full potential.  Francis distinguishes two levels deep in the social life of individuals: the first is to be a citizen, the second, the decisive one, is to make oneself a people (EG 220).   

At the first level, Francis contrasts being a citizen in distinction from the crowd. The difference is the responsibility of the individual person before the public entity. The citizen knows himself or herself as responsible for the running and the destiny of their country and therefore takes part in political life. Persons, who immerse them in the crowd, however, are simply washed away by the dominant forces. I think there is here an important task of political education in society, in which we as Church should collaborate. The faithful should be helped to leave the state of the masses to become responsible citizens. It is not right to hide behind the assertion that the task of the Church is religious, not political. Honest public servants will emerge from among the genuine citizens, who do not seek power for their own interests. Backing the formation of this type of citizen can be a decisive contribution of the Church to our respective countries. Take note of the discussion about a new Constitution current among us Chileans, and then the elections coming: do these not make a propitious occasion to emphasize “making ourselves a people" on this first level?

For the second level, to make of yourself a people, reasons that come from faith are especially valuable. In the exhortation there is a paragraph entitled " “The Spiritual Savor of being a People” (EG268).  It's not just being a people of God, but of theological sap, of faith, of being simply a human people. Clearly, Francis refers to a "spiritual taste" not in contrast with a material taste, but one who lives in the Spirit of God and in gratitude to God. In that same passage, Francis calls to be a people inviting us to be close to people, and of this closeness he says that it is "a superior source of joy" because – he interprets - it is a joy that comes from the Spirit. The theological sap in making a people is also evident in that the passion for Jesus necessarily awakens in the disciple a passion for people, because “the gaze of Jesus, burning with love, expands to embrace all his people.” Therefore, the identity of evangelizer "is not understood without this belonging to" the people.

Jesus is the ultimate foundation of the call to make ourselves a people; he is a model of closeness to the people: "Jesus’ sacrifice on the cross is nothing else than the culmination of the way he lived his entire life. " (EG 269). The cross of Jesus is integrated into what was his lifetime of service and dedication to those in need. There is a such a continuity between his public ministry and the cross, that the cross is not a meteorite falling in from the outside, but is harmoniously integrated as the culmination of surrender, drop by drop, the whole of his life.

There in the exhortation a very dense number of important content, in terms of pastoral conversion, that all priests should be present as stimuli for an examination of our way of preaching (EG 154). Francis invites us to have an ear for the people, to be a contemplative of the people. This, I think, presupposes a proximity, much open listening, an empathetic welcome, questions that help people to express themselves as deeply as they can, and few words on the part of the priest. It has to do with knowing people on the inside, not to know what they want to hear from the priest but what they need to hear from him.  The goal is to communicate what the Lord wants to say to this people whom the priest in fact knows because he lives close to them.

In conversation with the leadership group of bishops of CELAM in Rio during the World Youth Day, Francis says: "In Aparecida two pastoral categories arising from the same originality of the Gospel were given in a relevant way which can also serve as a guideline to evaluate the way we live missionary discipleship in the church: closeness and encounter. Neither one is new, but they conform to the way how God revealed himself in history.

One way is the 'God close' to his people way, a closeness reaching the maximum in the Incarnation.  It is the God who goes out to meet his people. There exist pastoral outreaches, pastoral disciplines in Latin America and the Caribbean, which give precedence to principles, conduct, organizational procedures ... of course without closeness, without tenderness, without caress. The 'revolution of tenderness' brought about in the Incarnation of the Word is ignored. There are pastoral approaches with such doses of inaccessibility that they are unable to achieve an encounter: meeting with Jesus Christ, meeting with the brothers and sisters. This type of pastoral may promise a dimension of proselytism but never get to achieve ecclesial insertion or ecclesial belonging. Closeness creates communion and belonging, offers a place to meet. Closeness takes the form of dialogue and creates a culture of encounter. A touchstone to gauge the proximity and capacity of a pastoral meeting is the homily. How are our homilies? Do we approach the example of our Lord, who 'spoke as one having authority' or are merely prescriptive, distant, abstract?

In the call, Francis identifies four major obstacles that make becoming a people difficult and prevent being close to the people as Jesus was.

1) A first obstacle is the isolation, the pursuit of individualistic autonomy prevents one from going out of oneself and building community close to the people. It is isolated consciousness, closing in on one’s own interests, not giving space to others nor entry to the poor. How to overcome this obstacle? Francis says that the only way is the encounter with God: " Thanks solely to this encounter – or renewed encounter – with God’s love, which blossoms into an enriching friendship, we are liberated from our narrowness and self-absorption. We become fully human when we become more than human, when we let God bring us beyond ourselves in order to attain the fullest truth of our being. Here we find the source and inspiration of all our efforts at evangelization.”(EG 8).

2) The second obstacle is distancing oneself from the people; this brings, according to the Exhortation, an inevitable consequence that is pastoral "acedia" (laziness, listlessness), which leads to putting more attention on the organization of the pastoral task than in the persons to whom the concern is to communicate the Gospel and accompany them in the growth of their faith (EG 82).

3) The third obstacle is the "spiritual worldliness," to which the Pope devotes much space, because it seems a serious temptation today. When we fall into it, "instead, we waste time talking about “what needs to be done” – in Spanish we call this the sin of “habriaqueísmo” – like spiritual masters and pastoral experts who give instructions from on high. We indulge in endless fantasies and we lose contact with the real lives and difficulties of our people."(EG 96). Here is a key to what Francis thinks about how pastoral agents should live and, in general, all the baptized: we must always be in touch "with the suffering reality of our faithful people." That is the antidote to the self-referentiality that kills the Church.


4) Finally, the fourth obstacle is separating one’s private life and evangelizing mission: “My mission of being in the heart of the people is not just a part of my life or a badge I can take off; it is not an “extra” or just another moment in life. Instead, it is something I cannot uproot from my being without destroying my very self. I am a mission on this earth; that is the reason why I am here in this world." (EG 273). In the background of these statements is the fundamental paradox of the Gospel, formulated by Jesus in the call to lose one’s life for the Gospel and by the Gospel to gain life.  



Quoi de nouveau après l’appel du pape François à une conversion pastorale de l’Eglise ?
  
Par Sergio Silva G. ss.cc.

Pris du blog "Con olor a ovejas" de la province du Chili SSCC
http://conoloraovejasscc.blogspot.it/2016/05/que-ha-pasado-con-el-llamado-de.html


Nous vivons aujourd'hui, bombardés  d’informations multiples et nous  risquons de ne plus être sensibles à leur portée. Cela  arrive fréquemment avec les sens de l’ouïe et de la vue. Et il peut en être de même avec le « sens spirituel ».

En fait, le pape François nous a "bombardés" d’appels continus pour une conversion pastorale, écologique, pour une révolution culturelle, la miséricorde, etc. A peine avons-nous le temps de  réaliser  ce que représente  un de ces appels  que déjà nous en arrive un autre. Il serait dommage pour nous et pour l’Eglise de ne pas porter attention  à ces appels successifs qui, me semble-t-il- viennent  de l’Esprit, puisqu’ ils sont radicalement évangéliques. Je pense donc qu’il est bon de revenir à l’appel de Evangelii gaudium (EG) qui invite à une conversion pastorale de l’Eglise, conversion qui, selon le pape François, "ne peut pas laisser les choses comme elles sont » (EG 25).

Je me demande si en chacun d'entre nous,  comme dans chaque communauté religieuse,  chaque communauté pastorale, chaque diocèse, dans l’Eglise chilienne même, il y a eu changement. Ou pensons-nous – plus ou moins consciemment – que nos « affaires » ne vont pas si mal  et que nous pouvons continuer ainsi ? Nous sommes, parfois,  très lucides pour voir ce qui doit changer chez l’autre – dans la hiérarchie par exemple – mais nous le sommes très peu  pour  des changements à faire chez nous-mêmes. Jésus nous le dit, quand il parle de la paille que je vois dans l’œil du voisin alors que je ne vois pas la poutre qui est dans le mien. (Mt 7, 3-5). C’est pourquoi, je pense qu’il nous serait profitable de revenir à EG pour nous demander ce qui doit changer en chacun  et en communauté.

L’exhortation nous dit une belle chose,  l’appel à la conversion ne se réalise pas en fonction d’un règlement que nous appliquerions méticuleusement, ou selon un super ego qui s’imposerait à nous de  l’extérieur; au contraire c’est une proposition  qui nous est offerte pour grandir. Le changement doit se faire à partir d’un idéal qui nous  attire: c’est en nous fixant sur ce « meilleur » que nous prenons conscience de notre mal.

Dans EG, le pape François ne nous lance  pas un simple appel général à une conversion pastorale, mais il nous présente différentes pistes capables de nous y conduire. L’une d’elle c’est la « beauté de faire peuple », d’être peuple. Pourquoi c’est bon pour le chrétien d’être peuple – qu’il soit « chrétien ordinaire» ou agent pastoral, ordonné ou pas ? Dans EG,  le pape François donne deux types de raisons, les unes simplement humaines, d’autres de  foi.

Selon les premières, faire peuple,  être peuple a déjà une valeur humaine en soi, c’est quelque chose qui fait partie de la nature humaine, ce qui le  fait  homme. François distingue la vie sociale de chacun à deux niveaux d’importance; le premier c’est être citoyen, le second, le plus déterminant, c’est devenir peuple (EG 220). Au premier niveau, François distingue les deux notions : être citoyen et être de la masse. La différence se situe dans la responsabilité de la personne face à la société. Le citoyen se sait  responsable de la marche et du sort de son pays et pour cela il participe à la vie politique. Par contre, les gens qui sont perdus  dans la masse, sont simplement entrainés par les forces dominantes. Je pense qu’il y a là un devoir  important de formation politique dans la société, à laquelle  l’Eglise doit participer. Les fidèles doivent être aidés pour passer de l’état de masse à celui de citoyens responsables. Il ne s’agit pas  de s’esquiver, sous prétexte que  la tâche de l’Eglise serait d’ordre religieux et non politique. Parmi les citoyens authentiques se lèvent  des serviteurs publics, honnêtes, qui ne recherchent pas le pouvoir pour servir leurs  propres intérêts. Contribuer à la formation de ce type de citoyens représente  un bon apport, décisif, que l’Eglise peut offrir à notre pays. Le débat actuel, entre nous,  à propos d’une nouvelle Constitution et les prochaines élections ne sont-ils pas une bonne occasion pour mettre l’accent sur notre devoir de « faire peuple », à ce premier niveau ?

Pour le deuxième niveau « devenir peuple », interviennent  des raisons de  foi. Dans l’exhortation il y a un paragraphe intitulé : « le plaisir spirituel d’être un peuple» (EG 268). Il ne s’agit pas seulement d’être  peuple de Dieu, mais dans la foi, théologiquement, être simplement peuple humain. Le pape François fait clairement référence au « goût spirituel » non en opposition au goût matériel, mais au  goût  qui se vit dans l’esprit de Dieu et grâce à lui. Dans ce même passage, François invite à faire peuple en vivant auprès des gens. Cette proximité, dit-il,  est "source d’une joie profonde", parce que - j’interprète- c’est une joie qui vient de l’Esprit. La sève théologique de  faire peuple se manifeste également dans le fait que la  passion pour Jésus éveille forcément chez le  disciple  la passion pour les gens, parce que « le regard  de Jésus s’élargit et se dirige, plein d’affection et d’ardeur, vers tout son peuple ». Pour cela, «l’identité de l’évangélisateur  ne  se  comprend pas sans cette appartenance» au peuple.

Le fondement ultime de l’appel à devenir Peuple, c’est bien Jésus. Il est le modèle de proximité avec le peuple: « le don  de Jésus sur la Croix n’est autre que  le sommet de ce style qui a marqué  toute sa vie.»  (EG 269). La Croix de Jésus  résume  ce qu’a été toute sa vie de service et de don pour tous ceux qui  avaient besoin de lui ; il y a continuité entre son ministère public et la Croix, non pas à la manière d’une météorite qui tomberait de l’extérieur, mais  elle s’intègre harmonieusement, comme point culminant du don,  versé  goutte à goutte  tout au long de sa vie.

Dans l’exhortation il y a un nombreuses expressions importantes qui nous renvoient  à notre propre  conversion pastorale, à tel point que tous les prêtres,  nous devrions les tenir toujours présentes comme stimulants pour un examen sur  notre manière de prêcher (EG 154). François  nous invite à avoir une oreille tournée vers le peuple, à être des contemplatifs du peuple; cela, me semble-t-il, suppose proximité, écoute attentive, empathie, accueil, avec des questions qui  aident les gens à s’exprimer aussi profondément que possible, avec peu de mots de la part du prêtre. Il s’agit  de connaître de l’intérieur le peuple, non  pour savoir ce que l’on veut  entendre, mais bien plutôt ce que l’on doit entendre, pour être à même de  communiquer à ce peuple, à partir de ce qu’il vit, ce que le Seigneur attend de lui.

 Dans l’échange avec les évêques du comité directif du CELAM à Rio, au cours de la journée mondiale de la jeunesse, le pape  François  a déclaré: "A Aparecida se présentent, de manière excellente, deux catégories de pastorales qui reflètent l’originalité même de l’Évangile et peuvent  également nous servir de directives pour évaluer notre manière de vivre ecclésialement notre mission de  disciple: la proximité et la rencontre.» Aucune des deux n’est nouvelle, les deux nous disent comment Dieu s’est révélé dans l’histoire. C’est le « Dieu proche de son peuple», proximité  qui atteint son  maximum dans l’Incarnation. C’est le Dieu qui sort à la rencontre de son peuple. Il y a en Amérique latine et Caraïbes des pastorales « lointaines », des  pastorales disciplinaires  qui privilégient les principes, les conduites, les procédures d’organisation... mais hélas,  sans proximité, sans tendresse, sans toucher. On y ignore  la "révolution de la tendresse" qui a conduit à l’incarnation du Verbe. Il y a des pastorales planifiées avec des attitudes de distance qui empêchent toute  rencontre : rencontre avec Jésus Christ, rencontre avec les frères. Ce type de pastorale pourrait,  au mieux, prétendre faire du prosélytisme, mais ne parviendra jamais à une insertion en Eglise, ni à son  appartenance. La proximité crée communion et appartenance, elle conduit à la rencontre. La proximité prend la forme d’un dialogue et crée une culture de la rencontre. Un point de référence pour mesurer la proximité et la capacité d’une rencontre pastorale, c’est l’homélie. Comment sont nos homélies ? Avec elles, nous approchons-nous du modèle  de notre Seigneur, « qui parlait comme quelqu’un qui avait autorité » ou bien les prononçons-nous  simplement en termes prescriptifs, lointains, abstraits? ".

Dans son exhortation, le pape François signale  quatre principaux obstacles qui nous empêchent de faire peuple et d’être proches des gens comme l’était Jésus. 
(1) Un premier obstacle, c’est l’isolement, la recherche individualiste d’autonomie qui empêche la sortie de soi-même, faire peuple, être proche des gens ; c’est l’isolement de la conscience, l’enfermement sur ses propres idées, la fermeture aux autres et particulièrement aux pauvres. Comment surmonter cet obstacle ? Le pape François nous  dit que le seul moyen c’est la rencontre avec Dieu: « C’est seulement  grâce à cette rencontre - ou nouvelle rencontre - avec l’amour de Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’autoréférence. Nous parvenons  à être pleinement humains, quand  nous sommes plus qu’humains, quand  nous permettons  à Dieu de nous conduire  au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve  la source de l’action évangélisatrice. "(EG 8).

(2) le deuxième obstacle est de s’éloigner du peuple; Ceci entraine selon l’Exhortation, une conséquence inévitable, qui est l’ « acédie » (paresse, dégoût), pastorale, « qui porte à donner une plus grande importance à  l’organisation  qu’aux personnes » auxquelles il s’agit de communiquer l’Evangile et d’accompagner dans le développement de leur foi (GE, 82).

(3) le troisième obstacle c’est la « mondanité spirituelle », à laquelle le pape consacre beaucoup d’espace, car elle lui parait  une tentation actuelle grave. Quand nous y succombons, « nous nous nous attardons comme des vaniteux qui disent ce qu’on devrait faire –le péché du « on devrait faire »- comme des maitres spirituels et des experts en pastorale qui donnent des instructions tout en restant au dehors. Nous entretenons sans fin notre imagination et nous perdons le contact avec la réalité douloureuse de notre peuple fidèle » (EG 96). Là le pape François nous donne une clé pour  comprendre  sa pensée sur  la manière dont doivent vivre les agents pastoraux et en général tous les baptisés : nous devons être constamment « en contact avec  la réalité douloureuse de notre peuple  fidèle ». C’est l’antidote de l’autoréférence  qui tue l’Eglise.

(4) Enfin, le quatrième obstacle consiste à séparer  vie privée et Mission d’évangélisation: « la mission au cœur du peuple  n’est ni une partie de ma vie ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice ni un moment de l’existence. Elle est  quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre et pour cela  je suis dans ce monde "(EG 273). Aux racines  de ces déclarations est le paradoxe fondamental de l’Évangile, formulé  par Jésus dans son appel à perdre sa vie pour lui et pour l’Évangile,  pour la gagner.



¿Qué ha pasado con el llamado de Francisco a la conversión pastoral de la Iglesia?
  
Por Sergio Silva G. ss.cc.

Tomado del blog “Con olor a oveja” de la provincia SSCC de Chile
http://conoloraovejasscc.blogspot.it/2016/05/que-ha-pasado-con-el-llamado-de.html

Vivimos hoy bombardeados por tantos estímulos de toda índole, que corremos el riesgo de perder la sensibilidad y dejar de percibirlos. Nos pasa con frecuencia cuando se trata de los sentidos del oído y de la vista. Pero también nos puede pasar con el “sentido espiritual”.

De hecho, Francisco nos ha estado “bombardeando” con sus llamados intensos a la conversión pastoral, a la conversión ecológica, a la revolución cultural, a la misericordia. No alcanzamos a darnos cuenta de qué puede implicar uno de estos llamados cuando ya viene el otro. Sería desastroso para nosotros y para la iglesia que perdiéramos la sensibilidad para estos llamados, que me parece que vienen del Espíritu, porque son radicalmente evangélicos. Por eso creo que es bueno volver al llamado de la Evangelii gaudium (EG) a la conversión pastoral de la iglesia, una conversión que, según Francisco, “no puede dejar las cosas como están” (EG 25).

Me pregunto si en cada uno de nosotros, en cada comunidad religiosa, en cada comunidad pastoral, en cada diócesis, en la iglesia chilena, algo ha cambiado. ¿O pensamos –medio inconscientemente– que nuestras “cosas” están bien y que las podemos dejar “como están”? A veces somos muy lúcidos para ver dónde deben cambiar “las cosas” del otro –de la jerarquía por ejemplo– y muy ciegos para reconocer nuestra propia necesidad de cambiar algo. Es lo de la paja en el ojo ajeno y la viga en el propio que decía Jesús (Mt 7,3-5). Por eso, pienso que nos haría bien volver a la EG para ver dónde tengo yo que cambiar, dónde puede cambiar mi comunidad.

Una cosa hermosa de la exhortación es que el llamado a la conversión no se hace en función de una norma que no estaríamos cumpliendo, en función de un superyó que se nos impone como desde fuera de nosotros mismos; por el contrario, se hace para no perder una oportunidad de crecer, se hace en función de un bien que nos atrae: es mirando a ese bien que nos damos cuenta de que estamos mal.

En la EG, Francisco no hace solo un llamado genérico a la conversión pastoral, sino que va mostrando diversas pistas por donde esta conversión puede discurrir. Una de ellas es la belleza de hacerse pueblo, de ser pueblo. ¿Por qué es bueno para el cristiano –sea “de a pie” o agente pastoral, ordenado o no– ser pueblo? En la EG Francisco da dos tipos de razones, unas simplemente humanas, otras de fe.

Según las primeras, hacerse pueblo y ser pueblo tiene en sí mismo un valor humano, es algo que forma parte del ser humano y que lo hace crecer hacia su plenitud humana. Francisco distingue dos niveles de profundidad en la vida social de las personas individuales; el primero es ser ciudadano, el segundo, el decisivo, es hacerse pueblo (EG 220). En el primer nivel, Francisco contrapone el ser ciudadano a la masa. La diferencia está en la responsabilidad de la persona ante la cosa pública. El ciudadano se sabe responsable de la marcha y el destino de su país y por eso participa en la vida política. Las personas que se sumergen en la masa, en cambio, son simplemente arrastradas por las fuerzas dominantes. Pienso que hay aquí una importante tarea de formación política en la sociedad, en la que como Iglesia deberíamos colaborar. Los fieles deben ser ayudados a salir del estado de masa para hacerse ciudadanos responsables. No cabe en esto escudarse en que la tarea de la Iglesia no es política sino religiosa. De entre los auténticos ciudadanos saldrán los servidores públicos honestos, que no buscan el poder para satisfacer sus propios intereses. Contribuir a formar este tipo de ciudadanos puede ser un aporte decisivo de la Iglesia a nuestros países. La discusión actual entre nosotros acerca de una nueva Constitución y las elecciones cercanas, ¿no son una ocasión propicia para acentuar nuestro “hacernos pueblo” en este primer nivel?

Para el segundo nivel, hacerse pueblo, valen sobre todo razones de fe. En la exhortación hay un párrafo titulado “El gusto espiritual de ser pueblo” (EG 268). No se trata solo de ser pueblo de Dios, sino de la savia teológica, de fe, del ser pueblo simplemente humano. A todas luces, Francisco se refiere a un “gusto espiritual” no por contraste con un gusto material, sino a uno que se vive en el Espíritu de Dios y gracias a él. En ese mismo pasaje, Francisco llama a hacerse pueblo invitando a estar cerca de la gente, y de esta cercanía dice que es “fuente de un gozo superior”, porque –interpreto– es un gozo que proviene del Espíritu. La savia teológica del hacerse pueblo se manifiesta también en que la pasión por Jesús despierta necesariamente en el discípulo una pasión por el pueblo, porque la mirada de Jesús “se dirige llena de cariño y de ardor hacia todo su pueblo”. Por eso, la identidad del evangelizador “no se entiende sin esta pertenencia” al pueblo.

El fundamento último del llamado a hacerse pueblo es Jesús; él es modelo de cercanía al pueblo: “La entrega de Jesús en la cruz no es más que la culminación de ese estilo que marcó toda su existencia” (EG 269). La cruz de Jesús se integra en lo que fue su vida entera de servicio y entrega a los que lo necesitaban; hay una continuidad entre su ministerio público y la cruz, de modo que esta no es un meteorito que cae desde fuera, sino que se integra armoniosamente como culminación de la entrega gota a gota de toda su vida.

Hay en la exhortación un número muy denso de contenidos importantes que, al pensar en la conversión pastoral, todos los sacerdotes deberíamos tener presentes como estímulos para un examen de nuestra manera de predicar (EG 154). Francisco invita a tener un oído en el pueblo, a ser un contemplativo del pueblo; esto, me parece, supone cercanía, mucha escucha abierta, hecha de acogida empática y de preguntas que ayuden a las personas a expresarse lo más hondamente que puedan, y pocas palabras de parte del sacerdote. Se trata de conocer por dentro al pueblo, no para saber lo que quieren escuchar del sacerdote sino lo que necesitan oír de él, porque se trata de comunicar a este pueblo, que el sacerdote conoce porque vive de manera cercana a él, lo que el Señor le quiere decir.

En la conversación con los obispos de la directiva del CELAM en Río, durante la Jornada mundial de la juventud, dice Francisco: “En Aparecida se dan de manera relevante dos categorías pastorales que surgen de la misma originalidad del Evangelio y también pueden servirnos de pauta para evaluar el modo como vivimos eclesialmente el discipulado misionero: la cercanía y el encuentro. Ninguna de las dos es nueva, sino que conforman la manera cómo se reveló Dios en la historia. Es el ‘Dios cercano’ a su pueblo, cercanía que llega al máximo al encarnarse. Es el Dios que sale al encuentro de su pueblo. Existen en América Latina y El Caribe pastorales ‘lejanas’, pastorales disciplinarias que privilegian los principios, las conductas, los procedimientos organizativos… por supuesto sin cercanía, sin ternura, sin caricia. Se ignora la ‘revolución de la ternura’ que provocó la encarnación del Verbo. Hay pastorales planteadas con tal dosis de distancia que son incapaces de lograr el encuentro: encuentro con Jesucristo, encuentro con los hermanos. Este tipo de pastorales a lo más pueden prometer una dimensión de proselitismo pero nunca llegan a lograr ni inserción eclesial ni pertenencia eclesial. La cercanía crea comunión y pertenencia, da lugar al encuentro. La cercanía toma forma de diálogo y crea una cultura del encuentro. Una piedra de toque para calibrar la cercanía y la capacidad de encuentro de una pastoral es la homilía. ¿Qué tal son nuestras homilías? ¿Nos acercan al ejemplo de nuestro Señor, que ‘hablaba como quien tiene autoridad’ o son meramente preceptivas, lejanas, abstractas?”.

En la exhortación, Francisco señala cuatro grandes obstáculos que dificultan que nos hagamos pueblo y que estemos cerca de la gente como estuvo Jesús. 1) Un primer obstáculo es el aislamiento, la búsqueda de la autonomía individualista que impide salir de sí y hacerse pueblo, cercano a la gente; es la conciencia aislada, la clausura en los propios intereses, el no dar espacio a los demás ni entrada a los pobres. ¿Cómo superar este obstáculo? Francisco afirma que el único modo es el encuentro con Dios: “Solo gracias a ese encuentro –o reencuentro– con el amor de Dios, que se convierte en feliz amistad, somos rescatados de nuestra conciencia aislada y de la autorreferencialidad. Llegamos a ser plenamente humanos cuando somos más que humanos, cuando le permitimos a Dios que nos lleve más allá de nosotros mismos para alcanzar nuestro ser más verdadero. Allí está el manantial de la acción evangelizadora” (EG 8).

2) El segundo obstáculo es alejarse del pueblo; esto trae, según la Exhortación, una consecuencia inevitable, que es la “acedia” (pereza, desgana) pastoral, que lleva a poner la atención más en la organización de la tarea pastoral que en las personas a las que se trata de comunicar el Evangelio y acompañar en el crecimiento de su fe (EG 82).

3) El tercer obstáculo es la “mundanidad espiritual”, a la que el Papa dedica mucho espacio, porque le parece una tentación actual grave. Cuando caemos en ella, “nos entretenemos vanidosos hablando sobre «lo que habría que hacer» –el pecado del «habriaqueísmo»– como maestros espirituales y sabios pastorales que señalan desde afuera. Cultivamos nuestra imaginación sin límites y perdemos contacto con la realidad sufrida de nuestro pueblo fiel” (EG 96). Aquí vemos una clave de lo que piensa Francisco acerca de cómo deben vivir los agentes pastorales y, en general, todos los bautizados: debemos estar siempre en contacto “con la realidad sufrida de nuestro pueblo fiel”. Ese es el antídoto contra la autorreferencialidad que mata a la Iglesia.

4) Finalmente, el cuarto obstáculo es separar la vida privada y la misión evangelizadora: “La misión en el corazón del pueblo no es una parte de mi vida, o un adorno que me puedo quitar; no es un apéndice o un momento más de la existencia. Es algo que yo no puedo arrancar de mi ser si no quiero destruirme. Yo soy una misión en esta tierra, y para eso estoy en este mundo” (EG 273). En el trasfondo de estas afirmaciones está la paradoja fundamental del Evangelio, formulada por Jesús en el llamado a perder la vida por él y por el evangelio para ganarla.