Friday, March 11, 2016

Témoigner de la vie religieuse en paroisse…

Testimoniar la vida religiosa en la parroquia...

Witnessing to Religious Life in a parish ….



Bertrand Cherrier sscc


Vivre sa vie religieuse en mission dans une paroisse ne va pas de soi. Il est souvent dit que le religieux est au service d’une paroisse mais que l’inverse n’est pas forcément vrai… Comme j’ai pu l’entendre de la part de certains confrères, en devenant curé, nous devenons parfois des diocésains !  Ainsi, en arrivant à Paris pour assumer le service de curé à la paroisse Saint Gabriel et de supérieur de la communauté, je me suis posé cette question : Comment témoigner dans la paroisse de ma vie religieuse ? C’est à cette simple interrogation que je vous propose de répondre brièvement.

Trois priorités guident mon engagement de religieux   au service de la paroisse :

-         1) Une prière contemplative.
La vie d’un religieux est d’abord une vie de prière. Impossible de progresser autrement. J’ai toujours été convaincu que notre prière était celle du regard, celle du « voir » (« il vit et il crut » Jn 20,8). Regard que nous portons sur l’Écriture, mais aussi regard que nous portons sur la Croix et les visages des femmes et des hommes de ce temps. La prière contemplative engendre une manière particulière de voir le monde et nous éduque à avoir un regard plus juste, sincère, miséricordieux : le regard du Christ. C’est une éducation à voir au delà du visible. Dans cette manière de prier, tout commence par la contemplation de la croix : « ils regarderont celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37).  Ce simple regard ne sera pas  sans effet sur notre manière de regarder… et d’être regardé. Le Christ nous l’a dit : « la lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière » (Matt.6,22). Regarder le Christ va purifier mon regard.

Cette école de prière doit se transmettre en paroisse. En équipe, nous devons mettre en place une pédagogie de la prière contemplative, (notamment l’adoration) transmettre ce désir de « voir Dieu »  et encourager les jeunes à se risquer dans cette aventure.  


-         2) Une pastorale de la « solidarité ».
Jésus s’est fait solidaire des hommes. Non seulement, il a vécu avec nous, mais également pour nous. Sa solidarité ne s’est pas arrêtée à trois ans de vie sociale au travers d’un comportement moral exemplaire et d’un enseignement de sagesse. Jésus sera « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Il va témoigner d’une  solidarité capable d’aller jusqu’au don de sa vie. Sa solidarité « du vivre avec » (vie publique) va aboutir à une solidarité « du vivre pour », « du vivre à la place » (la Crucifixion).  Nous n’aimons pas le mot « sacrifice » mais c’est pourtant bien celui auquel nous pouvons penser devant une telle situation. Heureusement, la théologie chrétienne nous propose un synonyme plus approprié : « le don ». Jésus a donné sa vie. Notre pastorale se doit d’en être le témoignage… Solidaire, jusqu’à l’excès. Damien nous a montré le chemin.

St. Gabriel: accueile de personnes de la rue / homeless people / acogida de gente de la calle

            En conséquence, l’engagement paroissial ne pourra se contenter d’une pastorale de l’accueil, de la présence dans un bureau, de l’administration des sacrements, d’homélies et de la représentation à de bons repas ! Elle se risquera dans des solidarités qui prendront la mesure de ce qu’est la compassion, l’hospitalité, le service et la volonté de « réparer » les fautes, même celles des autres. 


-         3) Une communauté religieuse internationale.
C’est une chance de pouvoir vivre un service paroissial en communauté.   Lorsque trois à cinq frères se retrouvent ensemble pour un projet de paroisse, ils donnent un témoignage qui n’a pas de prix. La communauté religieuse en charge d’une paroisse doit vivre ce qu’elle enseigne et donner en premier lieu un témoignage de charité. Notre fraternité doit être contagieuse. Comme le dit Saint Jean : « A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn 13,35). Si l’entreprise est trop difficile, nous devons au moins faire ce que dit Saint Paul : « avec patience, supportez vous les uns les autres dans l’amour. » (Ep4,2). L’idéal serait de le faire grâce à l’internationalité de notre vie religieuse. Comme curé, je suis heureux d’avoir accueilli en communauté plusieurs frères d’autres provinces (Polynésie, Chili, Belgique, Congo). L’action pastorale n’en est que plus féconde. Avons-nous conscience de cette richesse qui est la notre ? Savons-nous la valoriser et la partager ?

Confirmation à St. Gabriel
A quand une communauté internationale en charge d’une paroisse dans une mégapole ?  Il y a là un enjeu prophétique que nous négligeons quelques peu. A l’heure de la mondialisation, ce type de mission serait porteur de fruits pour la vie religieuse, la vie paroissiale et  la pastorale des vocations.

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Au terme de ces brefs commentaires, sans faire de grands développements, il est déjà possible de confirmer que l’engagement dans une vie paroissiale est compatible avec notre vie religieuse.  Il suffit de puiser dans notre tradition religieuse et d’avoir la volonté de partager notre charisme. Dans l’avenir, il serait intéressant de poursuivre le débat car notre présence dans les paroisses est relativement importante. Nos objectifs sont-ils communs? Notre charisme est-il mis en valeur ? Pouvons-nous envisager des parrainages entre paroisses sscc ? Un débat qui mériterait d’être ouvert... et développé !


Witnessing to Religious Life in a parish ….

To live the religious life in a parish is not something self-evident.  It is often said that the religious is at the service of a parish but the reverse is not necessary true.  This is what I have heard from some brothers: that in being made pastors we become diocesan priests!  So, after arriving in Paris to take on the service of being pastor in the parish of Saint Gabriel and also the service of Superior of the community, I asked myself this question:  How can I give witness to my religious life in the parish?  This is the simple question that I propose to briefly reflect on.
Three priorities guide my religious commitment in service of the parish:
1)  Contemplative prayer
The life of a Religious is before anything else a life of prayer.  Otherwise, it is impossible to make any progress.  I have always believed that our prayer is that of ‘seeing’ and ‘believing (‘He saw and he believed’ Jn 20:8).  A seeing which leads us to Scripture and at the same time leads us to the cross and to the faces of the men and women of our time.  Contemplative prayer creates in us a special way of looking at the world and helps us to have a more accurate, sincere and merciful vision: to see as Christ sees.  It helps us to see more than what is visible.  In this form of prayer, it all begins with the contemplation of the cross: "They shall look on him whom they have pierced" (Jn 19:37). This simple look is bound to have an effect  on the way we see … and are seen.  Christ told us: "The light of the body is the eye: if your eye is sound, your whole body will be full of light." (Mt 6,22). Looking at Christ purifies our own gaze.
This school of prayer should take place in the parish.  As as a parish we could initiate people in contemplative prayer (especially adoration),  and find ways to promote this desire to ‘see’ God and encourage young people to join the adventure.

2) A pastoral of ‘solidarity’
Jesus placed himself in solidarity with people.  He not only lived with us, he also lived for us.  His solidarity was not limited to three years of social living, living an exemplary moral life and teaching wisdom.  Jesus was “crucified for us under Pontius Pilate”.  He witnessed to a solidarity to the point of giving up his life.  His solidarity of ‘living with’ (the public life) went on to become that of ‘living for’ and culminated with ‘living in place of’ (the crucifixion).  We may seem not to like the word “sacrifice”, but this is the word that may help us understand a situation of this kind.  Fortunately, Christian theology offers us a more appropriate synonym: “the gift”.  Jesus gave his life. Our pastoral work should witness to this ... a solidarity that knows no limits.  Damien shows us the way.
Consequently, the commitment of the parish will be more than a ministry of welcome, the parish office, the administration of the sacraments, homilies and good food.  The commitment will be one that risks a solidarity of compassion, hospitality, service and a willingness to ‘repair’ faults, including the faults of others.

3) An international religious community.
It is an opportunity to be able to be of service to the parish in a community.  When three, four or five brothers come together for a parish project, they give a witness that is priceless.  The religious community in charge of a parish should live what it teaches and in the first place give witness to charity.  Our fraternity ought to be contagious.  In the words of St. John: "By this all will know that you are my disciples, if you have love for one another" (Jn 13:35).  If the work is too difficult we should at least do what St. Paul says, " Be completely humble and gentle; be patient, bearing with one another in love.with great humility, meekness and patience, bearing with one another in love" (Eph 4,2). The ideal would be to form a community thanks to the internationality of our religious life. As a pastor, I have had the pleasure of welcoming to the community several brothers from other provinces (Polynesia, Chile, Belgium, Congo). As an international community the pastoral work is more fruitful.  Are we conscious of the richness that we have?  Do we value it and share it?
When will there be an international community in charge of a parish in a large city? There is here a prophetic challenge that perhaps we are ignoring a little.  In this era of globalisation, this type of mission could  bear fruit to the religious life, to parish life and to vocations.
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Coming to the end of this short commentary – and without wanting to make a big statement - it is possible to say that the commitment to parish life is compatible with our religious life.  We only need to drink of our religious tradition and have the desire to share our charism.  In the future it will be interesting to continue this debate given that our presence in parishes is relatively large.  Are our objectives commonly held?  Is our charism highlighted in the parishes?  Can we imagine partnerships among SSCC parishes?  This is a debate that it is worthwhile leaving open for it to develop!



Testimoniar la vida religiosa en la parroquia...

Vivir la vida religiosa en una parroquia no es obvio. A menudo se dice que el religioso está al servicio de una parroquia pero que lo contrario no es necesariamente cierto... Es lo que he podido escuchar de algunos hermanos: ¡al hacernos párrocos, a veces nos hacemos curas diocesanos! Por lo tanto, al llegar a París para asumir el servicio de párroco en la parroquia de San Gabriel y ser superior de la comunidad, me hice esta pregunta: ¿Cómo testimoniar en la parroquia mi vida religiosa? Esa es la simple pregunta a la que me propongo responder brevemente.

Tres prioridades guían mi compromiso religioso al servicio de la parroquia:

1) Una oración contemplativa.
La vida de un religioso es ante todo una vida de oración. Imposible avanzar de otra manera. Siempre he creído que nuestra oración era la de la mirada, la del "ver" ("vio y creyó" Jn 20,8). Mirada que nos lleva a la Escritura, pero también mirada que nos lleva a la cruz y a los rostros de los hombres y mujeres de este tiempo. La oración contemplativa crea una forma especial de ver el mundo y nos educa para tener una visión más precisa, sincera y misericordiosa: la mirada de Cristo. Es una educación para ver más allá de lo visible. En este modo de orar, todo comienza con la contemplación de la cruz: "Mirarán al que traspasaron" (Jn 19,37). Esta simple mirada no dejará de tener efecto en nuestra forma de ver... y de ser vistos. Cristo nos dijo: "La lámpara del cuerpo es el ojo. Si tu ojo está sano, todo tu cuerpo estará lleno de luz" (Mt 6,22). Mirar al Cristo purificará nuestra mirada.

Esta escuela de oración debe impartirse en la parroquia. Como equipo, debemos poner en marcha una pedagogía de la oración contemplativa (especialmente de la adoración), transmitir este deseo de "ver a Dios" y animar a los jóvenes a adentrarse en esta aventura.

2) Una pastoral de la "solidaridad".
Jesús se hizo solidario con los hombres. No solamente vivió con nosotros, sino también para nosotros. Su solidaridad no se limita a tres años de vida social, con una conducta moral ejemplar y una enseñanza de sabiduría. Jesús será "crucificado por nosotros bajo Poncio Pilato". Testimonia una solidaridad capaz de ir hasta la entrega de su vida. Su solidaridad "de vivir con” (la vida pública) dará lugar a la solidaridad "de vivir para”, "de vivir en lugar de” (la crucifixión). No nos gusta la palabra "sacrificio", pero es con la que bien podemos pensar en una situación de este tipo. Afortunadamente, la teología cristiana nos ofrece un sinónimo más apropiado: "el don". Jesús dio su vida. Nuestra pastoral debe ser testimonio de esto... Solidaridad, hasta el exceso. Damián nos mostró el camino.

En consecuencia, el compromiso de la parroquia no se podrá contentar con una pastoral de acogida, de presencia en un despacho, de administración de sacramentos, de homilías, ¡y de hacerse presente en buenas comidas! Será una pastoral que corra el riesgo de una solidaridad que toma la medida de lo que es la compasión, la hospitalidad, el servicio y la voluntad de “reparar” los errores, incluso los de los demás.

3) Una comunidad religiosa internacional.
Es una oportunidad de poder vivir un servicio a la parroquia en comunidad. Cuando tres, cuatro o cinco hermanos se reúnen para un proyecto parroquial dan un testimonio que no tiene precio. La comunidad religiosa a cargo de una parroquia debe vivir lo que enseña y dar en primer lugar testimonio de caridad. Nuestra fraternidad debe ser contagiosa. En palabras de san Juan: "En esto todos reconocerán que ustedes son mis discípulos: en el amor que se tengan los unos a los otros” (Jn 13,35). Si la empresa es demasiado difícil, por lo menos debemos hacer lo que san Pablo dice: “con mucha humildad, mansedumbre y paciencia, sopórtense mutuamente por amor” (Ef 4,2). Lo ideal sería hacerla gracias a la internacionalidad de nuestra vida religiosa. Como párroco, he tenido la satisfacción de haber acogido en la comunidad a varios hermanos de otras provincias (Polinesia, Chile, Bélgica, Congo). Con ello la acción pastoral es más fructífera. ¿Somos conscientes de esta riqueza que tenemos? ¿Sabemos valorarla y compartirla?
¿Para cuándo una comunidad internacional a cargo de una parroquia en una megápolis? Está en juego un desafío profético que ignoramos un tanto. En la época de la mundialización, este tipo de misión daría frutos a la vida religiosa, a la vida parroquial y a la pastoral vocacional.

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Al término de estos breves comentarios, sin hacer grandes desarrollos, ya es posible afirmar que el compromiso en una vida parroquial es compatible con nuestra vida religiosa. Sólo hay que beber de nuestra tradición religiosa y tener el deseo de compartir nuestro carisma. En el futuro sería interesante continuar el debate, ya que nuestra presencia en parroquias es relativamente grande. ¿Nuestros objetivos son comunes? ¿Se pone de relieve nuestro carisma? ¿Podemos imaginar considerar padrinazgos entre parroquias SSCC? ¡Un debate que merece la pena que quede se abra… ¡y que se desarrolle!


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