Wednesday, March 5, 2014


Message pour le Carême


par Serge Gougbèmon sscc, de la Province de France

Au seuil de ce carême, je partage avec vous, le petit message ci-dessous que je viens d'envoyer à Réseau Picpus pour stimuler notre entrer dans ce temps de grâce. Trotte dans ma tête cette hymne de carême  de Didier Rimaud sj



En quel pays de solitude
quarante jours, quarante nuits,
Irez-vous poussés par l'Esprit ?
Qu'il vous éprouve et vous dénude !

oyez les temps sont accomplis,
Et Dieu vous convoque à l'oubli
De ce qui fut vos servitudes…. 



Joyeux carême à tous. 

Chers amis,
Demain commence le carême avec la célébration des cendres. Ce rite insolite et si expressif nous rappellera notre commune fragilité : « Tu es poussière et tu redeviendras poussière » ; une invitation à nous laisser remodeler et façonner par le Christ comme l'argile entre les mains du potier : « Convertis-toi et crois à l'Evangile ! » Ce geste presque primitif du contact avec la cendre m'évoque toujours les rites initiatiques de passage. Nous le ferons plus sobrement que les juifs qui déchiraient leurs vêtements et se couvraient de cendres en signe de deuil ou de pénitence ; mais comme eux, nous nous laisserons toucher au cœur en nous rappelant la vanité des maquillages pour éprouver la nudité que cachent nos apparences.

Au lendemain du carnaval du mardi gras, on pourrait dire : « Bas les masques, opération vérité ! »

L'Evangile de demain nous rappellera les trois moyens concrets d'un bon carême : l'aumône pour vivre le partage, la prière pour donner consistance à la vie intérieure (relation avec Dieu), le jeûne pour recréer les conditions du désir. Bonne occasion pour travailler les vertus de solidarité (justice), de piété (intériorité) et de sobriété (désir). Mais si les moyens ont leur importance, il ne faut pas oublier leur finalité : le carême est une grande épreuve de vérité.

Déjà, le rite inaugural de l'imposition des cendres, bien plus qu'un geste extérieur nous confronte, sans détour, à la vérité de notre fragilité. Les quarante jours du carême nous inciteront à rompre avec tous les artifices qui nous permettent de vivre comme si nous étions invincibles et absolument autonomes. Comme tel, le carême conteste nos prétentions, se moque de nos réussites et de nos conquêtes. Il le fait non pas pour nous humilier mais pour que nous retrouvions la splendeur de notre dignité de fils de Dieu. Il creuse en nous le désir de la rencontre et l'aptitude à la confiance. Il nous libère des faux-semblants et de la suffisance pour faire de nous des mendiants de Dieu, des êtres épris de vérité et de liberté, des hommes et des femmes accueillant l'amour que DIEU ne cesse de leur offrir en son Fils qui s'est livré pour nous et pour notre salut. Elle est là, la vérité, Vérité sur Dieu, vérité sur l'homme ; condition de notre liberté.

Alors, n'hésitons pas. Prenons ensemble résolument le chemin de Pâques. A nos carnets de carême : entrons vraiment dans ce temps dit favorable pour éprouver la belle aventure de la confiance. Nous ne serons pas déçus du voyage.

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