Wednesday, October 7, 2015

Adoration eucharistique
pour notre temps
Eucharistic adoration for today's times
Adoración Eucarística para los tiempos de hoy

Pablo Fontaine, ss.cc.

Il a été maître des novices et est actuellement membre de la communauté de La Unión (Chili); il travaille dans la paroisse de La Unión.
He was novices master and currently is a member of the community of La Union (Chile); he works in the parish of La Unión.
Ha sido maestro de novicios y actualmente es miembro de la comunidad de La Unión (Chile); trabaja en la parroquia de La Unión.


Paru dans le Bulletin du Pérou ; juillet 2015

  La présence de Jésus dans  l'Eucharistie est comparable aux rencontres qu’eurent les disciples  avec le Seigneur ressuscité, comme  nous le commentent  les Evangiles: « les disciples ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d’étonnement » (Luc 24-41)
Notre rencontre  définitive avec le Seigneur ressemblera probablement à cela  quand il apparaîtra  dans son Royaume:
« J’en suis bien sûr, Celui qui a commencé en vous cette œuvre excellente, en poursuivra l’accomplissement jusqu’au jour du Christ Jésus. » (Filip 1, 6).

Il est certain que les moments passés avec le Christ présent dans l’Eucharistie se vivent  dans l'obscurité de la foi, en attente de sa venue, avec un cœur brûlant du désir de voir le Seigneur face à face: «Nos coeurs n’étaient-ils pas tout brûlants quand il nous parlait sur le chemin et nous expliquait les Ecritures ? »  (Luc 24:32).

Pour entrer en adoration avec  ce Christ qui s’immole, offrant lui-même sa vie comme nourriture et nous assurant de sa mystérieuse présence dans l’Eucharistie, nous avançons étape après étape. Je tiens à souligner que nous avons besoin de courage pour persévérer et que nous en sortons fortifiés.
  
Nous avons particulièrement besoin de cette force de nos jours, quand,  «en pensant à Jésus tout en l’aimant » comme le disait Charles de Foucauld, toute la terrible réalité de nos frères et de notre monde crucifiés nous submerge comme un torrent.
Comment ne pas être bouleversés devant tant  d’enfants sous alimentés, sans protection, sans  abris, tant de mères fuyant, avec leur famille, guerres, persécutions religieuses ou catastrophes naturelles?

            On ne peut pas  rester indifférent devant la pauvreté massive  de nos peuples ou les tensions et les péchés de notre Eglise ; ainsi que  face à  notre propre péché qui nous détruit intérieurement, quand nous sommes devant le Saint-Sacrement, devant celui qui  montra  les plaies  de ses mains et de ses pieds en nous disant: « c’est ainsi que je vous ai aimés ».

Il s’agit bien donc d’une force pour persévérer dans une attitude réceptive,  active, exigeante  qui  nous anime et nous questionne.

Là nous présentons à Jésus la souffrance et le péché du monde, qui est aussi notre souffrance  et notre péché.

En cette époque aussi bouleversée que la nôtre, inondée d’informations et en permanente recherche  de vie plus humaine, il n'est pas facile de rester de longs moments en adoration devant l'Eucharistie.
Heureux celui qui y parvient en privilégiant avec détermination ces moments.

Mais au-delà de ces moments privilégiés, chacun de nous peut aussi contempler  avec intensité le Seigneur ressuscité en  lisant  les Évangiles et les lettres de Saint Paul, en s’émerveillant devant  la beauté d'un site ou en écoutant une musique qui éveille  l'âme. Egalement  et plus encore en  regardant des enfants qui jouent, des pauvres qui vivent une joie  simple ou des jeunes qui se solidarisent pour exiger leurs justes droits. Ainsi  nait  l'esprit d'adoration.

Je dis « contempler avec intensité ». Je pourrais dire avec affection,  une affection qui se fait accueillante, en bref avec un Amour sincère. Cela me rappelle un couple d’anciens qui, après une vie conjugale de plus 50 ans, chacun sur un fauteuil roulant, je les ai vus, se regardaient simplement. Peu de paroles.  Seulement ils cherchaient  à s’embrasser  avec un murmure pratiquement inintelligible, reflet de leurs mots de jeunes amoureux.

C'était un bel hymne d'amour sans artifice, mais de toute grandeur.
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A travers nos rencontres dans l'Eucharistie, par des chemins incertains et fragiles, nous avançons fortifiés intérieurement, bien au-delà de ce que nous expérimentons et bien plus que ce dont nous avons conscience dans l’immédiat

Dans l'adoration eucharistique, nous sommes invités à regarder notre monde avec amour, nous unissant à sa souffrance et à ses espérances. Et à travers ce regard, nous sommes appelés par Jésus à un dialogue avec lui à travers   quelques mots ou même sans mot du tout. Dans l’adoration nous sommes là pour aimer le Crucifié-Ressuscité, qui continue à vivre la souffrance et le triomphe de son amour à travers l'histoire de nos vies et celle de nos peuples: « Ce que vous avez fait à l'un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait " (Mat 25, 40). 
« A moi », à mon cœur,…les pauvres, les crucifiés, les souffrants «C’est moi- même ! ».

Ce dialogue nous plonge en quelque sorte dans l’Immensité de Dieu car le Seigneur lui-même a dit : «  Celui qui me voit, voit mon Père » (Jn14:9). 
Le regard intérieur intense va bien plus loin, mais toujours à travers l'humanité du Christ. La véritable adoration c’est quand, avec le corps et l'âme, nous nous agenouillons devant le mystère de celui qui nourrit  nos vies.
Ainsi nous pouvons en  chaque adoration réaliser ces trois étapes intérieures : contempler la réalité du monde crucifié; le Christ crucifié-ressuscité ; le mystère de Dieu.
Au milieu des tempêtes qui secouent notre monde et notre Eglise, les  deux en continuelle gestation, en permanente transformation et espérance, « nous courons avec constance l’épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi qui la mène à la perfection, Jésus » (Hébreux 12, 1 - 2).
Nous restons les yeux fixés sur l'Eucharistie qui  nourrit notre engagement et nous encourage à la suite  de Jésus à collaborer et apporter joie et  justice à notre temps.
Garder le silence devant le Tabernacle dans une modeste chapelle est un acte d'amour qui recueille et prépare nos gestes simples d'attention à celui qui a faim,  aux malades, à ceux qui souffrent de solitude ou ont le sentiment que leur vie est inutile.

C’est aussi participer à la joie du Christ: "Je  vous ai dit tout cela pour que ma joie soit en vous  et que votre joie soit complète » (Jn 15:11). 

C'est enfin  enter joyeusement dans  sa gloire: « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un ; moi en eux et toi en moi… afin qu’ils contemplent  ma gloire que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde»

"(Jn 17:22..24).


Chapelle de la communauté de La Unión



Eucharistic adoration for today's times

(Published in the Bulletin Sacred Hearts-Peru "Our Family" No. 384-385 June-July 2015 year Volume XXVII 48)

The presence of Jesus in the Eucharist is like the encounter with the Risen One whom the disciples experienced as the Gospels show, "the disciples still were reluctant to believe the joy and amazement" (Lk 24, 41).

Something like this will be our final meeting when the Lord appears in his Kingdom: "I am convinced that God who began in you such good work will bring it to a happy ending on the day when Jesus Christ is revealed" (Phil 1. 6).

Of course our times with Christ in the Eucharist are given in the darkness of faith, from a hearts awaiting his coming and burning with the desire to see the Lord face to face, "Did not our hearts burn while the Pilgrim spoke with us on the road and explained the Scriptures? "(Lk 24, 32).

By entering into adoration before Christ who sacrifices himself, giving life, giving us life, and our food and mysterious presence in the Eucharist, we go from strength to strength. I mean we need strength to stay in adoration and we emerge afterwards  strengthened by adoration.

We need strength especially today because there, "to think of Jesus loving him" as Charles de Foucauld said, the reality of all our crucified brothers and sisters and of our world crucified comes as an inundation.

How can we not be moved by so many children without food, shelter and protection and so many mothers fleeing  with their little ones, from  war, religious persecution or a natural disaster! Nor is it possible to remain indifferent  in face of the mass poverty in our villages or tensions and sins of our Church.

And also in the face of  our own sin that tears us inside when we are in front of the Blessed Sacrament, before him who shows us  the wounds on his hands and his feet as if to say: "So I have loved you." We need strength  then to stay in a receptive and active attitude that demands, encourages and challenges us. Here in adoration,  we present Jesus the pain and the sin of the world, which is also our pain and our sin.

In an era as rushed as ours, with such a flood of information and with an on-going imperative to live more humanly, it is not easy to remain for much  time in the dialog of adoration before the Eucharist. Blessed is the one who reaches the  conviction that those moments be set up as a priority.

But beyond these special moments, each of us can gaze with intensity at the Risen Lord in  reading the Gospels or the letters of St. Paul, contemplating the beauty of a place or listening to a music that awakens our souls. Also and even more so when watching  children at play, the poor living a simple joy and youth coming together to demand what they are due in justice. And thus to awaken the spirit of adoration!

I say "gaze with intensity." I could say with affection, an affection that is responsive with an outcome of truly loving. This reminds me of an elderly couple who, after a married life of over 50 years, I saw each of them in their respective  in his wheelchair, just gazing at each other. They could say little and hear little. They only succeeded in kissing each other murmuring something unintelligible, like the kind words of yesteryear. What a love song, in no way  artificial but magnificent and beautiful.

In our encounters with the Eucharist, despite the modesty and fragility of our gait, we emerge internally strengthened beyond what we are experiencing in the moment and beyond our immediate awareness.

In the Eucharistic Adoration we are invited to look at our world with love, connecting with its  grief and hope. And through that look, we are called by Jesus to a dialogue with the person of few words or no words. In Adoration,  we are loving the Crucified and Risen One, who prolongs his suffering and the triumph of his love through the story of our lives and of our peoples, "What you did for one of these least of my brethren, you did with me" (Matthew 25 :40).  "With Me," with my Heart, the poor and crucified  suffering are "I myself."

This dialogue submerges us in some way in the immensity of God as the Lord himself has said "he who sees me sees the Father" (John 14: 9). The interior, intense look goes further beyond, but always through, the humanity of Christ. That is true Adoration when with body and soul we kneel before the mystery from which our lives flow.

So in every Adoration,  we can take those three interior steps: crucifixion; Christ crucified and risen; the mystery of God.

Amid the storms that shake our world and our church, both in continuous gestation, in permanent transformation and hope, "we run with endurance the race that lies before us, eyes fixed on Jesus, the author and perfecter of faith" (Hebrews 12:1-2). Fix eyes on that Eucharist which nourishes our commitment and encourages us in the  following of  Jesus to collaborate to bring joy and justice to our time.

Remain in silence before the Tabernacle in a modest chapel is an act of love that gathers and prepares our simple gestures of attentiveness to the one who is hungry, ill, suffering loneliness or feels his or her  life is empty. It is also part of the joy of Christ: "I have said all this to participate in my joy, and your joy may be complete" (John 15, 11). With the Spirit, Jesus applauds  his glorification: "Father, I pray that all those whom you have given me may be with me where I be, to behold the glory you have given me" (John 17, 24).


Brothers of the community of La Unión in the chapel


Adoración Eucarística para los tiempos de hoy

(Publicado en el Boletín Sagrados Corazones- Perú “Nuestra Familia” nº 384-385 Junio-Julio 2015 Tomo XXVII año 48 )

La presencia de Jesús en la Eucaristía se parece a los encuentros con el Resucitado que experimentaron los discípulos, como lo muestran los Evangelios: “los discípulos aún se resistían a creer por la alegría y el asombro”(Lc 24, 41).

Algo así será también nuestro encuentro definitivo cuando aparezca el Señor en su Reino: “Estoy convencido de que Dios que comenzó en ustedes una obra tan buena, la llevará a feliz término para el día en que Cristo Jesús se manifieste” (Filip. 1, 6).

Claro que nuestros momentos con Cristo en la Eucaristía se dan en la oscuridad de la fe, desde unos corazones que esperan su venida y arden en el deseo de ver al Señor cara a cara: “¿No ardía nuestro corazón mientras (el Peregrino) nos hablaba en el camino y nos explicaba las Escrituras?” (Lc 24, 32).

Para entrar en adoración frente a este Cristo que se inmola, entregando la vida, entregándonos vida, siendo nuestro alimento y misteriosa presencia en la Eucaristía, vamos de fortaleza en fortaleza. Quiero decir que necesitamos fortaleza para permanecer en ello y salimos después fortalecidos con ella.

Necesitamos fortaleza especialmente en nuestros días porque allí, “al pensar en Jesús amándolo” como decía Charles de Foucauld, nos llega, como un aluvión, toda la realidad de nuestros hermanos crucificados y de nuestro mundo crucificado.

 ¡Cómo no conmoverse ante tanto niño sin alimento, sin protección ni abrigo y tanta madre huyendo con los suyos, de la guerra, de la persecución religiosa o de alguna catástrofe natural! Tampoco es posible permanecer indiferente ante la pobreza masiva en nuestros pueblos o las tensiones y pecados de nuestra Iglesia.

Y también ante nuestro propio pecado que nos desgarra interiormente cuando estamos frente al Santísimo, ante aquel que mostró las llagas de sus manos y de sus pies como diciendo: “Así los he amado”. Fortaleza entonces para permanecer en una actitud receptiva y activa que nos exige, nos anima y cuestiona. En ella le presentamos a Jesús el dolor  y el pecado del mundo, que es también nuestro dolor y nuestro pecado.

En una época tan apurada como la nuestra, con tal acopio de información y con tal esfuerzo continuo por vivir más humanamente, no es fácil permanecer gran tiempo en diálogo de adoración ante la Eucaristía. Feliz el que lo logre con un convencimiento que prioriza esos momentos.

Pero más allá de esos instantes privilegiados, cada uno de nosotros puede mirar con intensidad al Señor Resucitado al leer los Evangelios o las cartas de San Pablo, al contemplar la belleza de un lugar o escuchar una música que nos despierta el alma. También y más todavía al mirar niños que juegan, pobres que viven una alegría sencilla y jóvenes que se unen para exigir lo que se les debe en justicia. Y así despertar el espíritu de adoración.

Digo “mirar con intensidad”. Podría decir con cariño, con un afecto que se hace receptivo, en fin con amor verdadero. Esto me hace recordar una pareja de ancianos que, después de una vida conyugal de más de 50 años, los vi a cada uno en su silla de ruedas, simplemente mirándose. Poco podían hablar y poco se oían. Sólo procuraban besarse junto con murmurar algo ininteligible, semejante a las palabras cariñosas de antaño. Era un bello canto de amor sin artificio, pero de mucha grandeza.

De nuestros encuentros con la Eucaristía, a pesar de la modestia y fragilidad de nuestro caminar, salimos internamente fortalecidos más allá de lo que experimentamos en lo inmediato y más allá de lo que somos inmediatamente conscientes.

En la Adoración eucarística se nos invita a mirar nuestro mundo con cariño, uniéndonos a su dolor y a su esperanza. Y a través de esa mirada, somos llamados por Jesús a un diálogo con él de pocas palabras o de ninguna. En la Adoración estamos amando al Crucificado Resucitado que prolonga su sufrimiento y el triunfo de su amor a través de la historia de nuestras vidas y de nuestros pueblos: “Lo que hicieron con uno de estos mis hermanos más pequeños, conmigo lo hicieron” Mat 25, 40. “Conmigo”, con mi Corazón, los pobres y sufrientes crucificados son “Yo mismo”.

Este diálogo nos sumerge de algún modo en la Inmensidad de Dios ya que el mismo Señor ha dicho “el que me ve, ve a mi Padre” (Jn 14, 9). La mirada intensa interior va más allá, pero siempre a través, de la Humanidad de Cristo. Es verdadera adoración en que con el cuerpo y con el alma nos arrodillamos ante el Misterio del que fluyen nuestras vidas.

De modo que en cada adoración podemos dar esos tres pasos interiores: la realidad crucificada; Cristo crucificado y resucitado; el Misterio de Dios.

En medio de las tempestades que sacuden nuestro mundo y nuestra iglesia, ambos en continua gestación, en permanente transformación y esperanza, “corramos con perseverancia en la carrera que se abre ante nosotros, fijos los ojos en Jesús, autor y perfeccionador de la fe” (Hebreos 12,1-2). Fijos los ojos en aquella Eucaristía que alimenta nuestro compromiso y nos alienta en el seguimiento de Jesús para colaborar a darle alegría y justicia a nuestro tiempo.

Permanecer en silencio ante el Tabernáculo en una modesta capilla es un acto de amor que recoge y prepara nuestros sencillos gestos de atención al que tiene hambre, está enfermo, sufre soledad o siente que su vida está vacía. Es también participar de la alegría de Cristo: “Les he dicho todo esto para que participen en mi alegría, y su alegría sea completa” (Jn 15, 11). Es aplaudir con el espíritu su glorificación: “Padre, yo deseo que todos estos que tú me has dado puedan estar conmigo donde esté yo, para que contemplen la gloria que me has dado” (Jn 17, 24).


Celebrando los 90 años, con Armando Lanzani sscc

1 comment:

  1. Belíssimo artigo do nosso irmão. Pablo Fontaine é uma autoridade para falar sobre adoração. Um homem profundamente enraizado na oração. Concordo plenamente com ele. O fato de permanecer em silencio diante do tabernáculo em uma modesta capela é um ato de amor e que prepara nossos simples gestos de atenção ao próximo. Obrigado Pablo Fontaine. Unidos nos ss.cc. Luiz Antonio.

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